L’eau, source de vie

Edito du journal 702 - Septembre 2026

En juillet, nous parlions de la peur de la mer qu’éprouvaient les Hébreux. Mais si l’eau salée était pour eux lieu de perdition, l’eau douce, quant à elle, était une ressource précieuse et une source de bénédiction : « Le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien. Il me met au repos sur de verts pâturages, il me conduit au calme près de l’eau » (Psaume 23,1 -2). Jésus lui-même est décrit comme la source d’eau vive : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé de l’eau et il t’aurait donné de l’eau vive » (Jean 4,10).

 

Cette année, le texte choisi pour le Temps de la Création est Ezékiel 47 : le prophète y parle d’un fleuve qui sortira du temple de Jérusalem pour assainir la mer et permettre à de nombreux arbres de croître sur ses rives et de porter du fruit.  Ezékiel est un prophète qui a été exilé à Babylone, et qui reçoit sa première vision en exil, au bord du fleuve.

 

Kébar. D’après la Bible, l’exil doit amener le peuple hébreu à se repentir et à respecter la loi, en particulier son exigence de justice. La vision du fleuve au temple se trouve à la fin du livre d’Ezékiel.  Elle parle de la promesse faite par Dieu d’un retour du peuple à Jérusalem, et du fait que la justice guidée par la parole de Dieu irriguera le monde entier et amènera à une vie épanouissante.

 

De même, l’eau est aujourd’hui une ressource de plus en plus rare et précieuse. Ce n’est pas l’été que nous venons de passer qui nous fera penser le contraire ! Les comportements irresponsables et égoïstes raréfient cet élément indispensable à la vie, et un avenir marqué par le réchauffement planétaire risque de faire du climat des années 1980 une référence d’un âge d’or comparé à celui des années 2050 et au-delà.  Mais comme Ezékiel cherchait à faire comprendre aux israélites que Dieu ne les avait pas abandonnés, la lecture de son texte nous invite à nous rappeler que Dieu nous appelle à choisir la vie et nous promet la vie en abondance. Si nous prenons conscience de notre responsabilité dans l’état des choses et si nous nous convertissons (on parle bien de « conversion écologique »), Dieu nous promet un avenir et une espérance.

 

Voici un extrait d’une prière proposée pour cette année :

Fais fondre nos cœurs de glace, ô Dieu, et laisse couler les eaux du repentir.  Seigneur de toute vie, tu as promis que partout où coule le fleuve, tout vivra. Suscite en nous l’appel à prendre soin des eaux, à protéger les bassins versants, à défendre les droits de l’eau et à honorer la dignité de ceux qui ont soif. Que ta Parole soit une source en nous, jaillissant pour la guérison des nations.  Que Dieu notre Père, qui a fait jaillir l’eau du rocher, nous soutienne dans le désert. Que le Christ notre Seigneur, qui est l’Eau vive, nous rafraîchisse pour l’œuvre de restauration. Et que le Saint-Esprit nous porte sur les courants de la grâce jusqu’à ce que la justice coule comme les eaux et la vertu comme un ruisseau qui ne tarit jamais. Amen.

Claire SIXT-GATEUILLE

Télécharger la version PDF

Contact