Aujourd’hui, l’été est synonyme pour la plupart d’entre nous de vacances, de repos et souvent d’un séjour à la mer. Au menu : farniente, baignades sous le regard des moniteurs-sauveteurs, sports nautiques, châteaux de sables et jeux d’eau.
Il y a deux ou trois mille ans, la mer était tout sauf un lieu de villégiature. Les Hébreux la redoutaient comme un espace menaçant, de confusion, de perdition. Cela commence par la confusion dans laquelle Dieu intervient pour séparer les eaux d’en haut (ciel) des eaux d’en bas (mer et rivières, Gn 1). Cette action a pour but de créer un espace vivable : la terre. Quand Dieu interrompt son travail de séparation, la confusion revient et la vie devient impossible, ainsi durant le Déluge (Gn 6-9).
Mais Dieu maintient la possibilité d’une vie en embarquant Noé et ses enfants dans l’arche, puis, avec l’Alliance, en s’engageant à maintenir la séparation entre les eaux. Aujourd’hui, dans nos sociétés, la confusion des valeurs entraîne dégâts et risque d’être nous -mêmes engloutis et submergés. La mer est aussi un obstacle à la liberté : on ne peut surmonter cet obstacle qu’en se confiant à Dieu, qui crée du possible là où tout semblait condamné, comme face à la Mer Rouge (Ex 14) qu’il ouvre pour que les Hébreux passent à pied sec, avant de la refermer sur l’oppresseur, l’armée de Pharaon.
La mer, c’est encore l’élément favori des Philistins, ce peuple ennemi d’Israël dont on parle beaucoup à l’époque du roi David.
Ces dangereux guerriers sont avant tout des navigateurs et des commerçants habitant la côte méditerranéenne, là où se trouve maritime ou crocodile mythique, représentant la disparition corps et bien ou la puissance destructrice dans les livres de Job, d’Esaïe et le Psaume 74.
La mer, c’est enfin le lieu des tempêtes. Celle que Jonas interprète comme une punition de sa fuite, en demandant aux marins de le jeter par-dessus bord. Mais Dieu, par grâce ou par respect de sa promesse, le recueille dans le ventre d’un poisson : encore un espace de vie possible offert par Dieu au milieu d’un danger de mort… Les disciples aussi traversent la tempête avec Jésus, sur la mer de Galilée (qui est en fait un lac), comme le baptisé traverse la mort à la suite de Jésus pour renaître à la vie en Christ.
Que votre séjour à la mer ou ailleurs soit l’occasion de clarifier en vous les confusions qui brouillent votre cœur et de vous rappeler la présence de Dieu, qui vous ouvre un espace de vie et de plénitude, en Christ.
Claire SIXT-GATEUILLE